La Première Guerre mondiale
1914 (Invasion: 04 août)
Trois compagnies de Cyclistes sont constituées respectivement le 02
août à Liège (3ème Division d'Armée), le
20 septembre à Lier
( 6ème Division d'Armée) et le 05 octobre à Antwerpen
( comme unité de la Place Fortifiée).
Ces compagnies participent aux opérations dans la région d'Antwerpen
et dans les Flandres, puis à la bataille de l'Yser.
Guerre des tranchées
Le 28 janvier 1915, ces trois compagnies sont rassemblées pour former
le Deuxième Bataillon de Carabiniers-Cyclistes, dépendant de
la Deuxième Division de cavalerie.
Le bataillon est commandé par le Major (puis Lieutenant-Colonel) Adjoint
d'état-major A. Du Bois.
Pendant la guerre des tranchées, le bataillon coopère successivement
à la défense de presque tous les secteurs du front belge: soit
conjointement avec des bataillons de la Deuxième Division de Cavalerie
soit en renforcement d'une Division d'Armée, parfois dans le quartier
du Premier bataillon de Carabiniers-Cyclistes, après relève
de ce dernier, ou encore à ses côtés.
De Panne est son premier cantonnement. Il monte ensuite au front dans le secteur
Fort-Knokke-Drie Grachten jusqu'en septembre 1915; à Diksmuide jusqu'en
février 1916, dans le secteur Noordschote-Steenstraat jusqu'en mai
1916; puis aux avant-postes à Ramskapelle; à nouveau à
Steenstraat à partir d'août 1916 et à Sint-Jacobskapelle
en décembre 1916, au Reigersvliet.
(Oud-Stuivekenskeke)
Apartir de janvier 1917, dans le secteur Nieuwkapelle-Fort Knokke à
partir d'octobre 1917.Dans ce secteur, il se lance, le 27 octobre 1917, à
la reconquête de la "presqu'île" de Luigem, premier
lambeau de territoire belge reconquis par les troupes belges.
En janvier 1918, la Deuxième Division de Cavalerie est dissoute et
les deux bataillons de Carabiniers-Cyclistes, regroupés au sein de
la Première Division de Cavalerie. De février à avril,
ils sont tous deux dans le secteur du Reigersvliet.
Le Deuxième Bataillon est en première ligne lors de l'attaque
du 6 mars, repousse celle qui est faite sur ses tranchées à
Oud-Stuivekenskerke et participe à la contre-attaque qui reprend la
Grand-Garde du Reigersvliet.
A partir d'avril, les deux bataillons occupent une position de rechange à
proximité d'Elverdinge puis occupent à tour de rôle le
Reigersvliet: le 2 Cy du 3 au 23 juin et du 21 Juillet au 8 septembre 1918.
Les "Diables Noirs" vétérans de cette guerre pouvaient
en dire long sur ces interminables périodes passées au front,
de jour et de nuit, dans la boue et sous le feu, entrecoupées par de
courtes périodes de repos et de garde sur la côte du nord de
la France.
Offensive libératrice
Quand survient le moment de la grande offensive libératrice, les deux
bataillons se trouvent à Elverdinge, prêts à pousser en
avant avec la Division de Cavalerie. Les 29 et 30 septembre, le Deuxième
Bataillon progresse jusqu'à Jonkershove mais le 1er octobre, la Division
de Cavalerie doit être repliée. Il
reprend
sa progression le 5 octobre par le nord de la forêt dévastée
d'Houthulst et occupe à partir du 7 octobre une position soumise aux
feux intensifs de l'ennemi au nord de Staden, à côté du
Premier Bataillon.
A partir du 16 octobre, les deux bataillons reprennent leur progression, presque
toujours en avant-garde d'une brigade de Cavalerie.
Ce même jour, le Deuxième Bataillon accroche sérieusement
l'ennemi à Lichtervelde, puis le 17 octobre à Aartrijke et Jabbeke,
le 18 octobre à Ruddervoorde puis à Wingene, le 19 octobre au
pont de Maria-Aalter.
Le 20 octobre à Maldegem, le 21 et 22 octobre au Rapenbrug sur le canal
de dérivation, il parvient à y établir une tête
de pont et à la conserver pendant deux jours malgré de nombreuses
contre-attaques.
Après un court repos, il repart sur Gent et combat les 2 et 3 novembre
devant Kluizen et Evergem, sur le canal Gent-Terneuzen. C'est là que
lui parvient l'annonce de l'armistice.
L'entre-deux guerres
Après l'armistice
Le bataillon talonne, avec le Premier Bataillon, l'ennemi en retraite. Il
franchit la frontière le 1er décembre et défile dans
les rues d'Aachen.
Il atteint Krefeld le 7 décembre et arrive devant Emmerich le 17 décembre
1918.
Pendant l'occupation de la Rhénanie, il reçoit son fanion des
mains du Commandant de la Division de Cavalerie, le 3 juin 1919, à
Kleve. Il prend ensuite part à l'occupation de la tête de pont
de Duisburg puis en 1923, de celle de !a Ruhr. Après son retour, il
est dissous en mars 1924.
Février 1926, réorganisation de l'Armée. Quatre Régiments
de Cyclistes sont constitués. Le Deuxième Régiment tient
garnison à partir du
10 février à Mons.
Ils sont supprimés le 25 novembre de la même année pour
former deux nouveaux régiments. Le Deuxième est formé
par les Deuxième et Troisième Régiments anciens. En 1929,
il est désigné pour tenir garnison à Eupen-Malmedy, l'état-major
et le Ileme Bataillon à Eupen, le Ier Bataillon à Malmedy.
1930 Centenaire de l'indépendance de !a
Belgique
Le 10 septembre, le Deuxième Régiment de Cyclistes reprend
la dénomination "Carabiniers-Cyclistes". Le 27 novembre 1930,
il reçoit le fanion du Deuxième Bataillon de Carabiniers-Cyclistes
des mains du Roi Albert I, dans la cour de la Caserne Prince Baudouin à
Bruxelles. Lors de la même cérémonie, le Premier Régiment
reçoit le fanion du Premier Bataillon.
En 1938 vient s'ajouter
une compagnie de canons antichars qui tient garnison à Verviers. Du
27 septembre au 1er octobre 1938, le Régiment est placé sur
pied de paix renforcé (mobilisation partielle de l'Armée).
Il convient d'insister en cette fin de période de l'entre-deux-guerres
sur l'aspect particulier des missions exécutées par le Régiment
à Eupen-Malmedy. Il est "debout sur la frontière",
comme les Unités de Cyclistes-Frontière (UCyF) et autant que
le 3e Chasseurs Ardennais (3ChA) (Vielsalm), le 2ChA (Bastogne) et le 1ChA
(Arlon). Il assure la garde à la frontière.
Ce service comporte l'occupation permanente de 13 postes d'alerte en bordure
de la frontière allemande et de 13 postes d'alerte aux destructions.
En outre, ce service exige l'exécution de patrouilles, de rondes et
d'exercices d'alerte, tant de jour que de nuit, hiver comme été.
Pour remplir ces missions le Régiment est renforcé par une compagnie
d'UCyF à Eupen, dans la caserne Sous-Lieutenant Antoine, une autre
à Malmedy, Caserne Sergent Mercy.
La mobilisation de 1939
La phase A de la mobilisation déclenche deux opérations simultanées
pour le 2 Cy. Les Bataillons constituent des détachements de couverture
et prennent position à Jalhay et à Stavelot-Francorchamps.
Dans le même temps, le Régiment mobilise ses réservistes
pour se mettre sur pied de guerre.
Le 27 août 1939 à minuit, le 2 Cy reçoit l'ordre de se
porter au Sud de la Place Fortifiée de Liège, sur l'Ourthe.
Il y organisera et occupera le Sous-Secteur d'Esneux entre Tilff (exclus)
et Comblain-au-Pont (inclus) (II Bataillon au Nord).
Le 1er mai 1940, le 2 Cy est relevé par le 4 Cy et va occuper les positions
de celui-ci sur la Gette, de Halen (inclus) à Oplinter (inclus). Il
faut y achever les travaux déjà très avancés,
entamés par le 4 Cy après son arrivée sur la Gette le
18 avril 1940. Le 2 Cy, toujours face à l'Est !
Le Régiment se compose d'un état-major, de deux bataillons et
une compagnie antichars (canons 47 mm tractés). Chaque bataillon est
constitué de deux compagnies de fusiliers-cyclistes et d'une compagnie
de mitrailleurs. Le Régiment est sous les ordres du Colonel BEM P.
Mersch.
Sur la Gette, !e 2 Cy est aux ordres de la 2e Division de Cavalerie (2 DC).
La campagne de mai 1940
-Dans la nuit du 9 au 10 mai, le Régiment occupe ses positions sur
la Gette, suite aux messages d'alerte reçus. A partir du 10 mai au
soir, le2 Cy recueille des troupes de toutes armes venant du canal Albert.
-Le 12 mai, le Régiment reçoit l'ordre de faire sauter les ponts
sur la rivière. Exécution à 1400 Hr. Premier contact
à 1410 Hr. Ce jour-là,le 2 Cy va repousser deux attaques.
-Le 13 mai, l'ennemi est au contact à Halen. Trois attaques sur Halen
(matin, après-midi et soir) seront repoussées. Le 13 mai à
2100 Hr,
le Régiment reçoit l'ordre de se replier et gagner la zone de
cantonnements derrière KW, position de défense principale (Antwerpen-Wavre).
Le repli est exécuté de nuit à l'insu de l'ennemi.
La défense de l'Escaut (Schelde)
A partir du 16 mai, l'Armée Belge se trouve dans une situation difficile.
Sur ordre du Haut Commandement français, elle doit abandonner la position
organisée KW pour retraiter sur 90 Km vers l'Escaut (Schelde) afin
d'y organiser et défendre une nouvelle position.
La cause en est le drame en France. Les Panzerdivisionen foncent vers le Pas-de-Calais
à partir de la région de Sedan (Meuse française). En
outre, la 18ème Armée allemande qui a vaincu les Hollandais
en quatre jours et rejeté la 7e Armée française, entre
en Belgique par le Nord (région d'Antwerpen).
Compte tenu de la situation, le 2 Cy est envoyé le 16 mai pour occuper
et défendre des ponts sur l'Escaut (Schelde) et la Durme, en points
d'appui fermés.
Les 17 et 18 mai, le Régiment organise la défense de l'Escaut
entre Kruibeke et le confluent de la Durme.
Le 19 mai, contact dès l'aube. Les canons antichars tirent à
obus explosifs sur l'infanterie ennemie. Le 19 au soir, le 2 Cy se replie,
sur ordre, et prend position de nuit sur le Moervaert. Sur ordre toujours,
il passe en réserve de la 2DC.
La défense du canal de Terneuzen
Le 22 mai, le 2 Cy fait mouvement pour occuper son sous-secteur sur le canal
entre Sas-van-Gent (inclus) et Sluiskil (exclus). Le 4 Cy est à sa
gauche.
Le 23 mai, le Régiment subit de violentes attaques, avec appui d'artillerie
et d'aviation, mais l'ennemi ne peut franchir le canal dans le sous-secteur
du Régiment. Sur ordre, il rompt le contact pendant la nuit.
L'ennemi ne s'en rend pas compte et son attaque du 24 mai au matin tombe dans
le vide.
La bataille de la Lys (Leie) 24-28 mai
Lors de la conférence interalliée d'Ieper, le 21 mai, il est
décidé, entre autres, d'abandonner la position Escaut (Schelde),
car les Allemands ont atteint Abbeville et Amiens. Les Belges défendront
la Lys (Leie) et le canal de dérivation. La bataille de la Lys s'engage
dès le 24 mai.
L'effort principal de la 6ème Armée allemande est marqué
dans la région de Kortrijk et la situation y devient critique. En conséquence,
c'est toute la 2DC qui reçoit l'ordre de se porter du Nord vers la
limite Sud de l'Armée Belge dès le 24 au soir. Le 2 Cy fait
mouvement en deux étapes, dès la nuit, par Thorout vers Dadizele-Geluwe.
Dès le 26 au matin, le Régiment est mêlé aux combats
qui vont se dérouler dans la profondeur jusqu'au 28 au matin. Il apprendra
la capitulation en position sur la route de Westrozebeke où il est
prêt à poursuivre sa mission. Le fanion sera caché à
l'abbaye de Sint-Andries-bij Brugge.
Il faut souligner que lors de l'inévitable capitulation de l'Armée
Belge, les quatre Régiments de Carabiniers-Cyclistes étaient
toujours opérationnels. Ce qui n'était pas le cas pour beaucoup
d'unités.
Après la seconde guerre mondiale.
La Guerre froide
La valse des déménagements
Le deuxième Bataillon d'infanterie portée ou Carabiniers portés
est constitué à Siegburg (RFA) le 15 mars 1951. Le 1er août
de la même année, il devient Deuxième Bataillon de Carabiniers-Cyclistes
et hérite des traditions du Régiment de même dénomination.
Il reçoit son fanion des mains du Commandant de la 16e Division blindée,
le 29 mars 1952, sur la plaine des Cuirassiers à Weiden (RFA).
Du
3 novembre 1952 au 5 mai 1960, le Bataillon tient garnison à Arolsen.
Il appartient au 16e Groupement blindé, qui englobe la garnison du
2 Cy et Kassel. C'est le groupement le plus à l'Est dans la zone des
Forces Belges en Allemagne, avec un préavis d'intervention plus réduit.
C'est pourquoi le 2 Cy va renouer avec la tradition frontière d'Eupen-Malmedy
et vivre une des périodes parmi les plus intenses de son existence
durant la Guerre froide: les alertes (aussi pour les familles) et les exercices
en tous genres se succèdent à un rythme soutenu, sous contrôle
sévère.
A peine installé à Arnsberg (un peu moins loin à l'Est...)
en mai 1960, le Bataillon doit fournir une compagnie de marche, suite aux
événements du Congo. Cette compagnie accomplit diverses missions
au Rwanda-Burundi en juillet et août.
En janvier 1961, le Bataillon participe au maintien de l'ordre de Liège
à Eupen, en passant par Verviers.
Notons qu'à partir d'octobre 1963 jusqu'en mai 1968, la compagnie C
incorpore les miliciens germanophones désireux de servir en Allemagne.
Mais la valse des déménagements continue: caserné à
Spich de juillet 1964 à juin 1969, puis à Euskirchen jusqu'en
juillet 1974.
En août de cette année, "C'est, dans la tradition frontière,
le retour à l'Est, aux "Marches de l'Empire"" (comme
l'a si bien écrit un anonyme). Le 2 Cy va vivre (intensément,
bien sûr !) pendant vingt ans à Siegen, du jamais vu!
Le 20 janvier 1969. le Bataillon passe à la 17e Brigade blindée
(16e Division). Suite à une réorganisation de cette Brigade,
le 1 Cy en fait également partie à compter du 30 septembre 1975.
Les Cyclistes se retrouvent avec satisfaction sous le même commandement.
Tout en est facilité.
En ce qui concerne l'instruction et l'entraînement
La caractéristique pendant des années, à partir de 1962,
est la dure préparation du fusilier d'assaut.
Dans les années 70 et 80, on assiste à une montée en
puissance des grandes manuvres avec troupes: FTX de Division et de Corps
d'Armée, en terrain civil, dans différentes régions de
la République Fédérale d'Allemagne.
Principalement dans la zone opérationnelle: entre l'Eggegebirge, largement
inclus, le fleuve Weser et la rivière Leine.
La participation du 2 Cy à ces manuvres est élevée.
Alors, qu'en principe, le rythme des FTX de Division ou Corps est de un tous
les deux ans, le 2 Cy participe comme bataillon exécutant aux manuvres
ci-après
- FTX 16 Div: 1972,1973,1975,1979,1983,1985
- FTX 1 (BE) Corps: 1977,1981,1988
-FTX17BdeBl: 1980
En outre, le 2 Cy renforcé est intégré dans la 8(US)
Inf Div pour participer au FTX du V Corps (US) en 1976. En 1982, il se retrouve
en Bavière, intégré dans la 4e Brigade Canadienne au
sein de la 1 (US) Inf Div, comme exécutant dans le FTX du VI l (US)
Corps.
Ces manuvres s'ajoutent aux nombreux exercices, périodes de camp
à Vogelsang et à Bergen-Hohne.
Une particularité positive de plus au
2 Cy
Depuis l'installation à Siegen, qui l'a rapproché des bataillons-frères
allemands (Westerburg, Panzergrenadierbataillon 152) et français (Wittlich,
8e Groupe de Chasseurs des Forces Françaises en Allemagne), l'échange
de pelotons (qui s'appellent "sections" chez les Français)
lors de périodes de camp et des manuvres devint régulier.
En novembre 1975, la même décision d'échange fut prise
avec le Panzerjägerbataljon 44 de Göttingen (dans notre zone opérationnelle).
Ce n'était pas encore l'EUROCORPS, mais une volonté tripartite
d'intégration concrétisée. Trente ans après la
Seconde Guerre mondiale, Allemands, Français et Belges travaillaient
ensemble.
Enfin, les réorganisations successives du Bataillon sont souvent dues
à la mise en service de nouveaux matériels. La plus importante
rénovation étant l'introduction des AIFV (véhicules de
combat d'infanterie) et des M113 A1, dans différentes configurations.
Par exemple, le M113 A1 porte-MILAN (poste de tir de missile).
La Troupe
Les bataillons d'infanterie étaient majoritairement composés
de miliciens. Les fusiliers d'assaut étaient des miliciens, sauf exceptions.
Les recrues étaient incorporées par unités entières.
Elles recevaient une formation commune de base dans un centre d'instruction
(CI) avant de rejoindre le bataillon.
En 1961, les recrues sont incorporées directement dans le bataillon.
Les chefs de peloton fusiliers d'assaut étaient, sauf exceptions, des
candidats officiers de réserve(COR), des officiers de réserve
en prestation volontaire d'encadrement et, parfois, des officiers temporaires.
La situation est différente dans les pelotons "appui" (éclaireurs,
antichars, mortiers). D'ailleurs, la mise en service de matériels et
armements sophistiqués, d'une part, la durée variable du service
militaire, d'autre part, imposaient de confier ces matériels à
des volontaires de carrière ou temporaires.
Compte tenu du déficit en Sergents d'active chefs de section et de
candidats Sous-officiers de réserve (CSOR), les unités sélectionnent
un certain nombre de soldats miliciens, parmi les meilleurs. Ils sont formés
le mieux possible comme CSOR issus du rang.
L'effondrement de l'empire Soviétique
et la guerre dans l'ex-Yougoslavie
Le syndrome de 1924
Après la
chute du mur de Berlin (novembre 1989), le monde politique veut toucher les
" dividendes de la paix " et tout de suite. En conséquence,
l'Armée se voit appliquer trois plans de restructuration successifs
(donc, des cures d'amaigrissements).
Le troisième, le plan Delcroix, brutal et improvisé, suspend
le service militaire et réduit les effectifs de la Force Terrestre
de 50 %
Or, la guerre éclate dans l'ex-Yougoslavie. La conjonction
des deux entraîne le 2 Cy dans une longue " rabadja " à
perdre les pédales( un comble).
Il doit:
-A Siegen, préparer la première mission Belbat et l'exécuter
dans la Baranja (six mois en 1992). Dans le même temps, poursuivre l'instruction
des miliciens en garnison.
-Au retour, préparer et exécuter le déménagement
de Siegen vers Stockem et réaliser la fusion avec l'ancienne Ecole
d'Infanterie pour constituer l'Ecole d'Infanterie-2 Cy (1994).
-Au sein de l'EI-2 Cy, conserver son identité dans une structure pied
de paix alimentée par des volontaires et remplir deux missions:
-se préparer à exécuter des missions opérationnelles
classiques (le Bn pied de paix) et celles du maintien de la paix (la Cie Ops),
au sein de la 17 Brigade Mécanisée.
-Appuyer l'ensemble EI-2 Cy (démonstrations, appui logistique).
Or, compte tenu du choix de la garnison laissé aux cadres et volontaires,
il fallut recréer à Stockem l'esprit de cohésion au sein
d'une nébuleuse d'anciens 2 Cy-Siegen et d'anciens d'organismes d'Arlon-Stockem
restés sur place. Il fallut aussi, au fil du temps, adapter, rassembler
et renforcer les structures pour que le 2 Cy nouveau comprenne un Chef de
Corps effectif, un EM fonctionnel, une Cie EMS et une Cie Ops et soit capable
de passer sur pied de guerre en se mobilisant sur place (le matériel
existe et les cadres d'active sont en fonction à l'Ecole).
Les progrès
ont été réalisés grâce aux efforts des chefs
de corps successifs, à l'écoute des Commandants EI-2Cy, aux
interventions de l'Association des Officiers des Régiments de Carabiniers-
Cyclistes et à l'appui du Lieutenant général Briquemont.
Lire à ce sujet " La survie du 2 Cy et l'évolution des
structures " dans " Les Carabiniers Cyclistes-édition 2000
" pages 62 à 65 .
Les activités d'entraînement reprennent en 1995, tant pour le
PC Bn, qui se manifeste le premier, que pour la Cie EMS et la Cie Ops, après
son retour de la Baranja
Ces activités adoptent la vitesse de croisière à partir
de 1996:
-tirs et exercices à Lagland et, ultérieurement, des exercices
en terrain civil
-périodes de camp à Vogelsang-Elsenborn et à Bergen-Hohne
(participation au FTX Bde)
-enfin, la manuvre annuelle " Engineer Victory ", de la Division
d'Appui au Combat, manuvre en collaboration avec les Guides, le 3 Gn
et le 6 A. Le 2 Cy constitue un bataillon bilingue à deux compagnies
d'infanterie mécanisée.
Le 1 Cy fournit la Cie de Flamands en 1998 et 1999. Cette manuvre comprend
un franchissement d'assaut de la Meuse de nuit, suivi du passage des véhicules
sur un pont flottant du 3Gn) ou bien encore la manuvre" Infantry
Victory " en terrain civil.
Participation du 2Cy en Croatie ( La Baranja en
Slavonie orientale ), en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo
Caractéristiques de l'engagement dans la
Baranja (mandat des Nations Unies UNPROFOR).
a.) Suivant
le Lieutenant général e.r.Charlier, Chef de l'Etat-Major
Général 1988-1995, " au printemps 1992, un bataillon belge
fut engagé en Slavonie dans une mission abusivement baptisée
de " maintien de la paix " mais qui était en réalité
une mission " d'interposition " entre deux camps férocement
adverses (La Belgique Militaire-2001/3).
-Les illusions onusiennes, entraînant l'interdiction des AIFV-canons
et l'engagement de plus d'une compagnie d'infanterie blindée (CieInfBl),
imposèrent des limitations inacceptables durant le mandat UNPROFOR.
Et pourtant, compte tenu de l'excellente prestation de Belbat 1, le Secrétaire
Général de l'ONU demande au gouvernement belge d'engager un
bataillon en Somalie, en plus de la mission dans la Baranja. Le 2 Cy était
le bataillon de base du Belbat 1.
b.) Entraînement
Chaque mission est précédée d'un entraînement(Trg)
basé sur le suivi des missions précédentes (sauf pour
Belbat 1). A titre d'exemple, le Trg commun de BELUBG 3 (Le " 12e Cyclistes
") : FTX Black Horse à Bergen-Hohne (Sep 98); Lagland (Dec 98);
Vogelsang-Elsenborn (Jan 99); exercice synthèse (Fev 99).
c.) Chronologie
des engagements
-1992 : 05 Avril au 23 Octobre-
(UNPROFOR). Le pionnier en tout.
Belbat 1: 2 Cy avec EM Bn, Cie EMS, Cie
A (Cie motorisée + un peloton luxembourgeois)
Comd : LtCol BEM Jockin
Adjt de Corps : ADC Hussin (fut choisi
comme porte-fanion du Roi Baudouin au 21 Jul 1993)
Comd Cie : Capt Lotin (EMS)
Capt Fagny (A)
Capt Cuvilier (1Cy) (B,InfBl)
Adjt Cie: 1SM Pescarzoli (EMS)
1SM Defrère (A)
1SM Weckx(1Cy)(B)
-1993 : 04 Aout au 14 Decembre
(pour Cie 2 Cy) (UNPROFOR). Aux ordres
du 1 Cy.
Belbat IV: une Cie Fus (Cie B).
Comd Cie: Capt Barbier
Adjt Cie: 1SM Collard
-1995 : 30 Mars au 02 Aout, la
Cie Ops , venant de Stockem (mandat UNCRO)
Belbat IX : une Cie Inf Mec (Infanterie
mécanisée remplacela dénomination Infanterie blindée)
Comd Cie: Lt Gerard P.
Adjt Cie : Adjt Schmidt.
Remarque :
le 1 Cy fournit l'autre Cie Inf Mec (Capt Coupe), autorisée par
le mandat UNCRO
-1999 : 23 Fevrier au 02 Julliet,
Bosnie-Herzégovine, sous
commandement OTAN (SFOR)
BELUBG 3 : le 1 Cy est l'unité
de base du 3 Belgium-Luxemburg
Battle Group, déployé dans la région de Tomislavgrad,
Kupres et Livno (Fédération Croato-Musulmane).
Composante 2 Cy :
Comd2d du BG : Major Debernardi (EI-2Cy,Comd2d 2 Cy PG),
EM du BG: du personnel des 1 Cy et 2 Cy.
LO : Cdt Huysmans( S3 du 2 Cy)
Cie Ops ( + Pl Recce LU): Comd Cie: Capt Daras; Adjt Cie:
1SM Lienard
-2000 : 02 Aout au 11 Decembre, Kosovo,
sous commandement OTAN(KFOR)
BELUKOS 4 : Le Regt ChA est unité
de base du battle group,déployé dans l'Opstina (canton) de Leposavic.
Une des missions est la surveillance de la limite administrative avec la Serbie.
Composante 2 Cy : LO près de la Brigade Multinationale Nord
LtCol BEM Rossignol (Comd 2 Cy), Cie Ops (+ Pl Recce Lux)
Comd Cie: Capt Beeckman J.
Adjt Cie: Adjt Crepin.
d.) Préparation
de la compagnie Ops du 2 Cy à une intervention en Afrique
En Jul 2001, la compagnie 2 Cy forme le noyau du détachement 120 heures.
Ce détachement constitue le complément de la Brigade Para-Commando
en cas d'intervention en Afrique Centrale.
Il doit être projetable et mis en uvre dans les 120 heures après
décision du gouvernement fédéral.
Préparation : exercice à
pied dans la région de Transinne (Fev 01); camp à Leopoldsburg
(Mai 01) avec tirs et évaluation de la Cie à pied; phase en
véhicules blindés à Vogelsang (Jun 01).
|
Crédit photos - Jean Perriaux et Yves Peeters
Texte : Historique des Carabiniers Cyclistes(Mai 2002) Colonel BEM Lambotte
& Colonel BEM Van Ruychevelt.
|